Négocier sérieusement avec ses opposants est le point faible de presque tous les chefs autoritaires en Afrique centrale et subsaharienne, surtout ceux du pré carré francophone. Dans le cas spécifique de la RCA, plusieurs facteurs reviennent :
Le gouvernement a par le passé exclu explicitement de négocier avec certains chefs, les qualifiant de "mercenaires étrangers". Le gouvernement centrafricain, s'il s'est dit prêt à engager un dialogue avec l'opposition démocratique, exclut pour l'heure de négocier avec les «mercenaires étrangers» membres des groupes armés.
Plusieurs accords antérieurs (Khartoum 2019, Luanda) ont été jugés non respectés, nourrissant la méfiance. La CPC accusait Touadéra de manipulation médiatique et de ne pas avoir tenu les engagements pris lors des négociations de Luanda, ni les termes du cessez-le-feu, ni la feuille de route pour un dialogue politique inclusif.
Le camp présidentiel a présenté ces derniers cessez-le-feu et dissolutions de groupes armés comme des victoires militaires plutôt que comme des concessions, misant sur une stratégie de force (FACA + alliés russes/rwandais + Minusca) plutôt que sur le dialogue.
Noureddine Adam est sous mandat d'arrêt de la CPI pour crimes de guerre. Légalement et politiquement, cela rend une négociation directe très délicate pour un chef d'État qui négocierait avec un homme visé par la justice internationale.
Ramy Haroun
Analyste, chercheur associé au CEDPE
Sahel 7
Le gouvernement a par le passé exclu explicitement de négocier avec certains chefs, les qualifiant de "mercenaires étrangers". Le gouvernement centrafricain, s'il s'est dit prêt à engager un dialogue avec l'opposition démocratique, exclut pour l'heure de négocier avec les «mercenaires étrangers» membres des groupes armés.
Plusieurs accords antérieurs (Khartoum 2019, Luanda) ont été jugés non respectés, nourrissant la méfiance. La CPC accusait Touadéra de manipulation médiatique et de ne pas avoir tenu les engagements pris lors des négociations de Luanda, ni les termes du cessez-le-feu, ni la feuille de route pour un dialogue politique inclusif.
Le camp présidentiel a présenté ces derniers cessez-le-feu et dissolutions de groupes armés comme des victoires militaires plutôt que comme des concessions, misant sur une stratégie de force (FACA + alliés russes/rwandais + Minusca) plutôt que sur le dialogue.
Noureddine Adam est sous mandat d'arrêt de la CPI pour crimes de guerre. Légalement et politiquement, cela rend une négociation directe très délicate pour un chef d'État qui négocierait avec un homme visé par la justice internationale.
Ramy Haroun
Analyste, chercheur associé au CEDPE
Sahel 7

